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Quelques mots sur la quatrième édition du Festival de Littérature de Dubaï qui s’est terminée en fin de semaine et se targuait de rassembler une « centaine des plus grands écrivains et penseurs du monde ». Comme cet événement a été créé par une libraire anglaise installée à Dubaï depuis 1968, année de son mariage avec un homme d’affaires émirati, le monde se résumait à l’Anglo-saxonnie et à la Oumma arabe. Cette réserve sur le caractère international de cette foire ne saurait toutefois en diminuer l’importance dans cette contrée du désert où les écoles se comptaient sur les doigts d’une seule main il y a encore trente ans.

Des dizaines d’adolescents émiratis et d’ailleurs ont fait la queue pour obtenir la signature de jeunes auteurs anglais d’horreur, de fantaisie ou de fantastique, de loin ceux qui ont remporté le plus de succès. Les romanciers plus sérieux sont toujours moins suivis. Moins d’une dizaine de personnes ont assisté à la conférence du Libyen Ibrahim al Koni, pourtant l’un des écrivains arabes les plus prolifiques et les plus traduits. C’est l’éternelle misère de l’écrivain arabe « sans lecteurs », selon le romancier irakien Chaker Nouri. « Si un écrivain arabe n’est pas traduit dans une langue étrangère, il n’existe pas car il n’a pas ou très peu de lecteurs arabes », estime cet exilé de Bagdad qui veut désormais écrire en anglais. N’était pas pour le démentir la très faible quantité d’ouvrages en langue arabe au Festival. Les organisateurs pouvaient cependant invoquer la « bêtise » des douaniers saoudiens qui, selon eux, ont lacéré des cargaisons entières de recueils de poèmes ou de romans (ils n’auraient bien sûr jamais touché au Coran) transportées à Dubaï par camions depuis l’Egypte.

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